Tempête sous un béret — au fait, de quelle couleur, le béret ?

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À peine finies les célébrations de la Saint-Michel, j’apprends, par plusieurs canaux, que les adhérents de QOG vont être appelés à se prononcer sur des projets de partage, de chambre à part ou de divorce. Comment en est-on arrivé là ? Il est clair que quelque chose à « foiré » dans la gestion des institutions et des hommes, tant dans l’amicale que dans le régiment.

À peine finies les célébrations de la Saint-Michel, j’apprends, par plusieurs canaux, que les adhérents de QOG vont être appelés à se prononcer sur des projets de partage, de chambre à part ou de divorce. Comment en est-on arrivé là ? Il est clair que quelque chose à « foiré » dans la gestion des institutions et des hommes, tant dans l’amicale que dans le régiment.

Un problème de tradition

Ancien du 6e, de la GNNT, et du CPES, je crois connaître un peu l’inter-arme et les Forces Spéciales. J’ai été surpris de lire, en même temps que l’importance des traditions était rappelée : « C’est aux anciens de s'adapter et pas l'inverse, sous peine de se couper de leurs jeunes ». Si la tradition n’est pas transmise aux jeunes par les anciens, je veux bien me faire métro. Une amicale c’est d’abord des anciens et des traditions et pas seulement une annexe du pôle emploi ou alors je n’ai pas tout compris.

 

Et puisqu’il est question de jeunes et de traditions (« l’adoption récente du béret SAS est un signe d’attachement à leur spécificité »), revenons sur cette histoire de béret amarante dont l’adoption précédée par la recréation du 6 ont marqué les premiers pas vers un processus « à la catalane ». Attribué pour reconnaître aux paras français leur dette à l’égard des SAS, il est devenu rouge, pour une question bête de colorant et de commandes (les établissements Laulhère en savent peut-être quelque chose). En 1951, 1 en Indochine, le général de Lattre impose le rouge à tous, Légion exceptée. C’était intelligent. Comment a-t-on pu revenir 66 ans en arrière pour attribuer à une seule unité ce qui revenait légitimement à toutes celles issues de la Demi-Brigade SAS ? En outre, une unité qui se veut de « forces spéciales » auxquelles la discrétion s’impose.

Va-ton supprimer les insignes SAS des pucelles d’autres régiments colo comme le 6… ? Pour mémoire l’insigne du 2e RPIMa voulu par le Cel Château-Jobert comporte la devise Qui Ose Gagne et les ailes égyptiennes rappelant le French squadron et le 3e SAS dont il a été un chef de corps. Mais il n’avait pas oublié les traditions puisqu’il avait ajouté l’ancre de marine.

Les commandos de l’air, dont le créateur était un ancien SAS, faisant maintenant partie du COS, vont-ils abandonner le bleu pour réclamer l’amarante ? Le 13e RDP va-t-il arborer le casque à crinière des dragons ? Notons au passage qu’en dépit de ce qu’écrit le général Leclère , à moins d’un 2 changement récent, c’est le 13e RDP qui a pour spécificité le renseignement ; le 1er RPIMa, comme ses camarades des TDM, est plutôt destiné à l’action, même s’il fait aussi du renseignement, comme les autres unités du COS.

La tradition colo du 1er et du 6 est celle des Gildas Lebeurier et des Marcel Bigeard, celle des exploits réalisés en Indochine, en Algérie, au Tchad… On est passé d’Arnhem au Mali en oubliant l’entre-deux. Les morts de la RC4, de Dien Bien Phu, des Aurès, du Tchad, entre autres, méritent quand même le respect des plus jeunes.

La recherche obstinée de singularisation à laquelle on assiste depuis quelques années a fait oublier ce passé des unités appartenant aux TDM. Pourtant, le rôle d’un chef n’est pas de multiplier les chapelles mais de tendre à l’unité. La Légion étrangère montre l’exemple avec le béret vert étendu à toutes les unités et Camerone comme moment fort, y compris pour le 2e REP. Décision simple et e?cace. Que représente Bazeilles pour les parachutistes des TDM ?

Je n’irai pas plus loin dans le domaine des traditions, il y aurait encore bien des choses à dire.

Un problème d’ancrage

Le CFIM pose un autre problème. En e?et, ce n’est pas vraiment un régiment et même s’il en prend le nom, il fonctionnera comme une unité de passage pour les jeunes qui y sont formés avant d’être a?ectés dans une unité parachutiste, colo ou métro. Par la suite chacun ira, logiquement, adhérer à l’amicale d’une unité de combat au sein de laquelle il aura tissé des liens forts plutôt que dans un régiment d’instruction où il n’aura passé que quelques mois, pas assez pour créer un esprit de corps. Quelle sera la viabilité d’une telle amicale ?

D’autre part, combien existe-t-il d’anciens du 6 autour de Caylus ? Le chef de corps, qui n’est pas colo, manifeste le souci légitime de donner une âme à son unité qui hérite d’un drapeau prestigieux. Mais cela ne su?ra pas pour donner longue vie à une amicale solide devant perdurer. A qui s’adresseront les anciens du 6 quand ils devront passer les traditions ? À un futur hussard ou à un artilleur ?

Je tiens à dire cependant qu’étant un ancien du 6, mon cœur penche pour une amicale indépendante tandis que la raison me fait douter de sa pérennité et donc de l’opportunité de sa création.

Pour la deuxième solution

Il me semble donc préférable de conserver QOG organisé en deux sections distinctes. C’est la solution qui permet de respecter le passé de chacun et d’éviter de se perdre dans des querelles d’armée mexicaine — ou africaine, pour rester dans la tradition coloniale.

Il y aura donc une cérémonie pour les héros en Ray-Ban aviator et HK MP5, et une autre pour les 49/56, musette TAP ou sac bergam, et tous y trouveront leur compte.

Je voudrai conclure en rappelant, à propos des SAS, cette phrase du major David Sterling que nous devrions méditer plus souvent.

« L’humilité et la bonne humeur sont des qualités indispensables à la vie quotidienne des o?ciers et des hommes, en particulier dans le cadre des SAS considérés souvent comme une unité d’élite. Si on ne fait pas preuve de bonne humeur et d’humilité, le statut spécial risquerait de soulever la jalousie des autres unités et rendrait nos propres soldats affreusement vaniteux et arrogants. »

Marc Isabelle 14/19/2017
 

  1. 1 - Du type : l’employé demande « — Amarante, c’est quelle couleur ? » « — Rouge », répond le militaire et, hop, c’est parti.
  2. 2 - « Leur spécialité Renseignement - Guerre électronique (RGE) fait qu'un personnel muté, le sera plus sûrement dans un régiment de transmissions ou d'artillerie que dans une unité para colo ou TDM. En conséquence, la jeune génération se considère avant tout comme forces spéciales. »

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Le samedi 19 mai 2018, nous avons fêté les 70 ans de la création du 6ème R.P.I.Ma et malheureusement les 20 ans de sa dissolution et espérons que tel le phénix il va cette année renaître de ses cendres.

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