Lettre d'information N° 3

Bonjour à tous, chers anciens, chers camarades,

En ce début d’année 2015 où nous venons de vivre des moments dramatiques qui ont, en ce dimanche passé, rassemblé la communauté nationale et internationale dans la négation de cette violence incontrôlée et insensée, me viennent à l’esprit quelques réflexions que je vous livre.

Parmi les victimes deux policiers, dont une femme, deux personnes au service de l’Etat lâchement assassinées dans l’accomplissement de leur devoir, comme ce gardien d’immeuble tué, simplement parce qu’il se trouvait là, tout comme également ces personnes de confession juive qui se trouvaient dans le supermarché « cacher » de la porte de Vincennes, au mauvais moment. Et puis ces journalistes de Charlie Hebdo qui ne méritaient certainement pas la mort. Paix à leur âme !

Nos pensées vont à leurs familles, à ceux qui se trouvent brutalement sans père, sans mère, sans mari, sans épouse. Ne nous abstenons pas de cette démarche d’humanité et de solidarité. Par dignité, même si nous sommes tenaillés par quelque chose qui ressemble fort à un sentiment d’injustice.

Car, il faut bien l’avouer, le traitement de ces gens qui, hormis les policiers et les innocents dont on ne fait pas grand cas dans les médias, n’ont fait qu’attiser la rancœur et la haine par leurs propos ou dessins satiriques, sous prétexte de liberté, semble bien disproportionné, comparé à ce à quoi ont droit nos soldats morts pour la France au combat. Alors, certes, au-delà de toutes ces considérations, nous sommes allé défiler pour défendre chacun quelque chose de personnel, même si nous avons pu être irrités de défiler derrière des banderoles sur lesquelles était écrit « je suis Charlie ». Mais, il paraît que ce mot était plus rassembleur que toute autre formule, selon les experts en communication du palais !

Soit dit en passant je n’ai pas défilé car je vous écris depuis l’Allemagne où j’ai pu observer les réactions de nos voisins et amis et peux témoigner de leur amitié profonde pour la France et de leur esprit de solidarité.

Tout cela est bien beau, me direz-vous, mais maintenant, que va-t-il se passer ? Car cette manifestation n’a en fait désarmé personne ni dissuadé quiconque de poursuivre dans la sauvagerie de l’islamisme radical. Hier un para du 3 était agressé et insulté en pleine rue de Carcassonne. Depuis les évènements cités, une vingtaine d’actes anti-islamiques ont été perpétrés. Les actes antichrétiens ou antisémites ne sont pas comptabilisés mais ils sont monnaie courante. Et on risque bien, malheureusement, de voir d’autres débordements de haine de toutes parts. Nous n’avons pas non plus que des innocents parmi nos concitoyens non musulmans. Et le phénomène de la montée des extrémismes qui s’attisent l’un par l’autre est bien connu et risque fort de nous entraîner dans une spirale de la violence qui pourrait devenir vite incontrôlable. Nos maigres forces armées ne suffiront pas pour renforcer les forces de police et de Gendarmerie et remplir les missions de DOT. Mais, c’est là un autre débat que je n’aborderai pas ici.

Il n’empêche que, dans le contexte actuel d’insécurité, les juifs quittent la France peu à peu et partent pour Israël, ne pouvant plus laisser leurs enfants dans les écoles publiques, insultés et agressés de toutes parts, meurtris dans leur chair et ne trouvant plus la sécurité à laquelle ils ont pourtant droit, comme tous les citoyens français.

Pour autant, il n’est pas concevable d’exciter les communautés l’une contre l’autre, ce serait criminel. Cherchons plutôt l’apaisement, même si la situation actuelle ne nous plaît pas, nous n’avons pas d’autre choix. Notre passé colonial a largement contribué à aspirer nombre d’immigrés francophones venus des pays du Maghreb. Ils se reconnaissent dans notre culture et éprouvent pour la France, dans leur grande majorité, un attachement profond. Les exactions, orchestrées à distance par des meneurs radicalisés, nous insultent et nous exaspèrent, mais ne sont, dans la plupart des cas, que le fait des marginaux des banlieues. Méfions-nous des réactions émotionnelles qui sont souvent disproportionnées et dangereuses. Nos racines sont et restent chrétiennes, mais désormais l’islam tout comme le judaïsme appartiennent aussi à notre patrimoine et on ne doit pas assimiler les problèmes liés à la non-intégration d’un trop grand nombre d’immigrés venus du Maghreb et des pays du sahel à un problème général de l’islam de France.

Alors, mes chers amis paras, rappelons-nous, en ces temps troublés que nous avons ou avons tous eux des amis, des parents peut-être, paras issus de l’immigration, descendants de nos harkis ou venus dans nos rangs parce qu’ils y ont trouvé une famille. Ne leur fermons pas notre porte. Ils sont et restent nos frères d’armes et il ne faut pas faire d’amalgame avec les quelques milliers (même si le chiffre est impressionnant) d’extrémistes radicalisés ou leur sympathisants certainement encore plus nombreux. Gardons notre cœur de soldats, restons paras dans l’âme et dignes de nos anciens, par notre comportement et notre grandeur d’âme. Continuons de croire et oser.

Bonne année à tous. Que Dieu vous garde.

Et par Saint-Michel, vive les paras !

Gal (CR) Paul Perrin

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