MANŒUVRE «EXENTIA»

Souvenirs d’une manœuvre bien arrosée

LA ROCHE SUR YON le 22 avril 1979

J’étais à l’époque chancelier du 6ème R.P.I.Ma et par une spécialité antérieure au CT2 chancellerie (BA2 CCM) chef de la section de protection du PC du régiment. La section de protection était comme tout le monde ne le sait pas composée de cadres et parachutistes des différents services de la CCS et parfois de la CB du régiment. Ils quittaient pour la durée d’une manœuvre leurs stylos, outils ou casseroles pour s’armer de PM et de FSA ; Car ils étaient avant tout des parachutistes et d’excellents soldats.

Tout a commencé le dimanche 21 avril 1979 avec un départ à pieds comme d’habitude pour la BA 118 en début d’après midi afin d’embarquer dans les avions. Sur place 12 nord 2501 nous attendaient patiemment et l’embarquement terminé les avions ont décollé pour la zone de saut située à côté de l’aérodrome de La Roche Sur Yon en Vendée. Après près d’une heure de vol les avions ont fait demi tour du côté de Partenay car le temps était vraiment trop mauvais sur la ZS, pluie importante et surtout vent assez fort. De retour à Bosquet consigne nous a été donnée de réintégrer le matériel, de rentrer chez nous et que la mission était reportée au lendemain lundi.

Pour ce vol qui n’a duré que 45 minutes et le vol et le saut du lendemain d’une durée de 2 heures et 15 minutes j’étais avec une partie de ma section dans le nord numéro N117 piloté par le capitaine Olivier.

Lundi matin à 10 heures, nous recevons consigne que l’embarquement se fera en début d’après midi et que nous nous poserons sur la base aérienne de Cognac afin de nous rapprocher au plus près de la Vendée.

Vol sans histoire jusqu’à Cognac ou nos camarades de l’armée de l’air nous attendaient de pied ferme avec des boissons et autres collations afin d’occuper au mieux notre attente.

Fin d’après midi, les événements se précisent et alors que nous devions effectuer un saut de jour, le chef de corps, le colonel Dentin réunit tous les sautants et nous annonce que la décision vient d’être prise que le saut aurait lieu de nuit. Petit problème qui s’est posé, la majorité de nos appelés n’avaient alors jamais fait de saut de nuit. En effet à l’époque et pour cause déjà d’économies, les brevets se faisaient sans le saut de nuit, celui-ci devant s’effectuer dans les régiments. Malgré tout, et grâce à la bonne volonté de tous, parfois un avionage nouveau, ou la perception sur la base de piles TL122 pour les gaines TAP5 nous avons finalement décollé en début de soirée pour La Roche Sur Yon.

Arrivés sur zone, le largage s’effectue en deux fois pour raison de petitesse de la ZS et de mauvais temps. J’étais du deuxième passage et après le largage du premier nous sommes restés un bon moment en vol avant d’être à notre tour largués.

 

 

 

 

Descente sympa mais les pieds dans l’eau dès l’arrivée au sol. Le regroupement s’est effectué dans de bonnes conditions et assez rapidement grâce peut-être au soutien santé qui allumait les phares des ambulances dès qu’un para arrivait un peu vite au sol et mettait un certain temps à se relever. Une ambulance annonçant toujours un point de regroupement.

Départ de la zone de saut et premier accrochage avec des gendarmes qui effectuaient la manœuvre dans le cadre de la DOT, puis première nuit auprès d’une meule de foin sous la pluie qui ne nous quittera pratiquement pas de toute la manoeuvre et à côté du médecin chef qui a œuvré une partie de la nuit ; car les blessés légers des compagnies sont venus le voir pour des soins. Il faut tout de même rappeler que lors du saut nous avons eu un grand nombre de blessés plus ou moins grave et qui ont nécessité des soins plus tard dans les hôpitaux.

Après deux jours de manœuvre dont l’attaque d’une gendarmerie avec ma section accompagné d’un officier arbitre qui a à l’issue de l’attaque réussie selon lui mit hors manoeuvre cette brigade pendant 24 heures sauf bien entendu pour ses missions propres de sécurité publique ; nous avons retrouvé nos véhicules venu nous rejoindre depuis Mont de Marsan.

Fin de manœuvre et défilé à La Roche Sur Yon avec comme souci principal de trouver suffisamment d’hommes en état et surtout en tenue correcte pour cette prise d’armes. Le soir retour vers Mont de Marsan avec gîte d’étape au CM de Fontenay Le Conte ou quelques uns de nos conducteurs ont passé une partie de la nuit à échanger les pièces défectueuses de leurs véhicules contre des pièces neuves des véhicules en MOB. D’où un retour le lendemain sur Bosquet sans aucune panne ce qui avait particulièrement étonné notre chef de corps. Il ne découvrira le pot aux roses que plus tard en recevant la facture via la DP des pièces échangées. Mais la manœuvre s’était très bien déroulée et malgré tous nos paras avaient fait preuve d’efficacité et de débrouillardise.

Jean-Nöel Olive

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