Lettre d'information N° 4

Chers amis, anciens du « 6 »,

C’est avec un plaisir chargé d’émotion que je reprends contact avec vous, à la demande de « Qui Ose Gagne »  de Mont de Marsan.

J’ai servi au « 6 » d’abord comme chef de section en Algérie, puis comme chef de corps à Mont de Marsan. Ces deux passages sous les plis de notre drapeau sont des souvenirs merveilleux et ont été pour moi une expérience très enrichissante. Je sais que vous partagez largement ce sentiment, particulièrement pour les « appelés » qui ont effectué leur service militaire entre 1955 et 1998, à Marrakech, Blida, Philippeville, Verdun ou Mont de Marsan. Mon propos les concerne plus spécialement car il s’agit de leur formation de soldat et d’homme sous le signe de la rigueur para.

Le soldat du « 6 » a toujours montré de remarquables aptitudes opérationnelles, surtout dans les situations difficiles notamment pendant la guerre d’Algérie et, plus récemment au Liban , au sein de la Force Intérimaire des Nations Unies et de la Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth, en alliant une bonne maitrise des techniques de combat à de belles qualités physiques et morales. Acquises à la compagnie d’instruction, entretenues en unités de combat, ces qualités restaient définitivement ancrées dans le cœur et dans la tête au retour dans la vie civile.

J’ai toujours été admiratif devant la transformation d’un jeune « appelé » entre son incorporation et son départ du régiment à l’issue de son service militaire. Cette transformation était physique, morale et civique. A leur arrivée, la plupart des recrues ignoraient l’effort physique, méconnaissaient les règles de la vie en société et, parfois, étaient totalement illétrées.En quelques semaines, ces recrues couraient le « 8 kil » sans faiblesse, passaient la porte du Nord ou du Transal sans mollesse et crapahutaient aussi bien que leurs chefs. Moralement, la transformation était tout aussi spectaculaire avec l’acquisition de l’esprit d’équipe, de la notion de solidarité, du dépassement dans l’effort et, surtout, du respect d’autrui. Le service militaire était, ainsi, l’apprentissage de la discipline, du patriotisme, de la citoyenneté et pour les plus défavorisés c’était l’occasion de combler leurs lacunes scolaires.

Pendant mon commandement à Mont de Marsan, je me faisais présenter la garde, généralement à l’occasion des couleurs régimentaires du vendredi. J’en profitais pour échanger quelques mots avec les paras et posais fréquemment la question de l’intérêt de leur passage sous les drapeaux. Voici la réponse qui m’a, un jour, été faite par un para au fort accent de titi parisien prochainement  libérable : « Je sais maintenant lire le journal, je peux payer ma bière au foyer en comptant ma monnaie et j’ai appris à partager les joies et les moments difficiles avec les copains de la section. En gros, j’étais un Nul et, en quelques mois, je crois que je suis devenu un Homme. »

J’ai présenté le service militaire et ses bienfaits parce qu’il redevient d’actualité, après avoir été suspendu- et non supprimé-par la loi du 28 octobre 1997.Cette décision importante visait à réduire le coût de la Défense tout en améliorant la disponibilité et l’efficacité opérationnelle de nos Armées. Elle a, peut-être, atteint ses objectifs, mais a créé un vide, prévisible, dans la formation pédagogique de la jeunesse française eu égard à la carence de l’éducation aux niveaux de la famille et de l’école.

Devant le spectacle inquiétant de l’explosion de la violence dans les banlieues chaudes, les écoles et les lieux et transports publics, des hommes politiques, des journalistes et des philosophes redécouvrent l’intérêt d’un service national. Le contenu de ce service est encore flou notamment pour ce qui concerne sa nature (militaire ou civique, volontaire ou obligatoire), sa durée et son financement ; mais l’idée est lancée.

L’environnement social français devient de plus en plus fragile. Nous devons donc plus que jamais, « croire » aux vertus de courage et de fraternité que nous avons eu la chance de recevoir, « oser » les semer autour de nous pour les faire fructifier, resserrer les rangs dans « Qui Ose Gagne » pour nous y ressourcer à l’occasion des rassemblements comme celui qui sera organisé, le 16 mai prochain, par la délégation de Mont de Marsan pour commémorer le soixante septième anniversaire de la création du « 6 ».

Et par Saint-Michel, vive les paras.

Général (cr) Bernard Serpol

Actualités

Les 70 ans du "6"

Le samedi 19 mai 2018, nous avons fêté les 70 ans de la création du 6ème R.P.I.Ma et malheureusement les 20 ans de sa dissolution et espérons que tel le phénix il va cette année renaître de ses cendres.

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Tempête sous un béret — au fait, de quelle couleur, le béret ?

À peine finies les célébrations de la Saint-Michel, j’apprends, par plusieurs canaux, que les adhérents de QOG vont être appelés à se prononcer sur des projets de partage, de chambre à part ou de divorce. Comment en est-on arrivé là ? Il est clair que quelque chose à « foiré » dans la gestion des institutions et des hommes, tant dans l’amicale que dans le régiment.

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Saint-Michel 2018

Résumé de la Saint-Michel 2018, texte écrit par Jacques BOISSAVY, accompagné de quelques photos.

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